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Qu’est-ce que l’agroécologie ?

« Agroécologie » ou « agro-écologie » est un terme de plus en plus utilisé depuis 2012 et la volonté politique du gouvernement français de trouver un terme qui rassemble l’ensemble des initiatives agricoles en matière d’agriculture durable. L’agroécologie désigne ainsi une multiplicité d’initiatives et pratiques qui peuvent être mise sous ce terme chapeau : agriculture de conservation, agriculture écologiquement intensive, agriculture biologique, agriculture naturelle… Derrière ce terme on retrouve un grand principe : mieux faire cohabiter la biodiversité et l’agriculture, produire avec l’environnement, le sol ayant une place centrale dans ces systèmes de production. La restauration d’un cycle du carbone étant au centre de l’agroécologie, le sol, qui est le lieu de digestion et de transformation des matières organiques, devient un indispensable allié pour produire ET protéger l’environnement en même temps.

L’agroécologie est représentée aujourd’hui par des scientifiques, des techniciens et des agriculteurs qui cherchent à mieux aligner pratiques agricoles et fonctionnement des écosystèmes : ils sont dans des associations, des entreprises privées, des organismes professionnels ou des centres de recherches. Une nécessité constatée : les contenus scientifiques et empiriques ainsi qu’un ensemble de méthodes qui doivent être mises en synergies pour porter leurs fruits et adapter les pratiques à chaque pédoclimat. Un travail d’adaptation essentiel et qui prendra au moins 15 ans, et, qui demande une collaboration active entre agriculteurs, chercheurs et techniciens. L’agroécologie c’est aussi une démarche « du champ à l’assiette ». Dans un contexte actuel où le consommateur est de plus en plus soucieux de la façon dont sont produits les aliments qu’il consomme, l’agroécologie doit sensibiliser à la pluralité des méthodes de production pour sortir des clivages « bio » vs « conventionnel ». Le but étant de recréer du lien et de regagner la confiance de chacun.

De l’après-guerre à aujourd’hui en France, évolution des cadres : 

L’agriculture du XXème a été marquée par une évolution génétique et une mécanisation des cultures. Dans le cadre de la reconstruction de la France, et aidé par le plan Marshal, l’Etat français crée les chambres d’agricultures, les lycées agricoles et restructure la « Ferme France » : aides à l’investissement et à la modernisation, programme de remembrement agricole. Les fermes s’agrandissent, accède aux prêts bancaires massivement, s’ouvre à des technologies efficaces : fertilisation et protection chimique, antibiotiques, mécanisation. Dès les années 70, la notion d’écosystème émerge et les universités dans le monde ainsi qu’une vision de l’interdépendance des êtres vivants, de leurs ressources et habitats. L’agriculture qui occupe souvent plus de 50% des surfaces d’un pays devient un lieu de recherche et de constat. Les années 70 voient également émerger des mouvements écologistes partout dans le monde, et l’agriculture biologique se structure en réseau depuis une volonté de groupes d’agriculteurs de produire sans produits de synthèses. Parallèlement de nombreuses recherches convergent sur le fait que l’usage massif d’intrants chimiques et la spécialisation des systèmes de production aboutissent à de multiples érosions : des sols, de la biodiversité, et une dégradation de la qualité de l’eau. Les années 80 et 90 voient se structurer plusieurs réseaux de producteurs qui s’orientent vers des pratiques qui se basent sur l’utilisation des matières organiques, un allongement des rotations des cultures, la réduction du travail du sol…

Les années 2000 sont marquées par une montée en puissance de l’agriculture biologique, qui connaît une croissance à 2 chiffres de la consommation et de la production. L’agriculture de conservation s’installe également dans le paysage grâce au travail de pionniers comme Lucien Seguy à l’étranger dont plusieurs acteur importe les pratiques en France : Frédéric Thomas, Konrad Shreiber parmi d’autres. Parallèlement Pierre Rabhi démocratise le mot « agroécologie » en l’associant à des pratiques d’agriculture paysanne, sur de petites surfaces, et l’associe souvent à la permaculture. Cette dernière vise à reproduire le fonctionnement de la nature dans les systèmes agricoles, et élargit son approche à une dimension sociétale et sociale forte qui dépasse le cadre de la production agricole. En 2012, le gouvernement français décide de porter une politique réaliste et ambitieuse sur le plan agricole et environnemental. Prenant la suite du premier grenelle de l’environnement de 2008 et du plan Ecophyto, il élabore une politique tournée autour du terme agroécologie et demande aux institutions notamment l’INRA de trouver une définition claire et des pratiques associées. Stéphane Le Foll, alors ministre de l’agriculture, lance un vaste plan visant à mettre le terrain en action et met la collaboration entre agriculteurs au centre des débats, et crée les GIEE (Groupement d’intérêt économique et environnementaux). Des centaines de groupes se font alors labelliser GIEE et posent une stratégie de développement agricole sur 5 ans. La dynamique est lancée, les agriculteurs se mettent en ordre de marche pour progresser. Aujourd’hui en 2019, les GIEE sont autour de 500 sur le territoire français, représentant près de 10 000 agriculteurs engagés dans une démarche de changement de pratiques, conciliant l’économie, l’agronomie et la satisfaction au travail (tous les GIEE sur www.giee.fr).

L’agroécologie dans sa définition actuelle vise donc à s’appuyer sur le fonctionnement naturel des écosystèmes pour produire :

Placer l’agronomie au centre de son système de production, avec comme élément essentiel le sol, le cycle du carbone et la production de biomasse pour remettre les équilibres biologiques en marche à la parcelle.L’agronomie remise au centre : optimisation du cycle du carbone à la parcelle, la vie du sol, base de la chaîne alimentaire augmente résultant en une amélioration de la biodiversité au sein même des parcelles.

  • Travailler l’écosystème de la parcelle pour aller encore plus loin : prendre en compte les structures agroécologiques environnantes (haies, bandes enherbées, fossés), connaître leur fonction et leur utilité, les relier entre elles voire en créer de nouvelles avec la mise en place de méthodes d’agroforesterie ou de gestion des haies complémentaires.
  • Mais à la base, une écoute mutuelle entre l’agriculteur et l’agronome qui construisent ensemble les nouvelles pratiques à partir du respect du fonctionnement du vivant (on en revient à la notion de carbone) Elle permet ainsi d’allier expérience pratique et études scientifiques (physiques, chimiques et biologiques) de manière complémentaire et indispensable.

Objectifs et visées de l’agroécologie, développés par le CDA :

L’agroécologie tend donc à recréer du lien avec les systèmes existants. Le premier objectif est donc d’accompagner les agriculteurs à transformer leur méthode de production afin de limiter au maximum l’utilisation d’intrant extérieurs.

L’agroécologie doit permettre d’oublier l’uniformité des méthodes de production et redonner de la place aux connaissances des agriculteurs : les principaux connaisseurs et observateurs des écosystèmes.

Enfin l’enjeu principal est que ces méthodes s’intègrent à des objectifs de production agricole : pour être fiable, l’agroécologie doit fonctionner à petite mais aussi à grande échelle et doit permettre d’améliorer la productivité et la rentabilité de l’exploitation.

Une transition agroécologique nécessite du temps et un accompagnement. En effet, il ne s’agit pas seulement de changer de méthodes, il s’agit avant tout de changer de point de vue sur sa propre situation et fonctionnement (environnement, choix, etc.).

Les principes agroécologiques sont donc à décliner et à adapter à chaque situation. C’est pourquoi le CDA propose un accompagnement personnalisé sur la base d’un diagnostic propre à chaque parcelle et en tenant compte des caractéristiques de terrain, des caractéristiques de climat, des caractéristiques de biodiversité en même temps que du tissu socio-économique et de la qualité de vie de l’exploitant.

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