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Agroécologie

Populations de vers de terre dans les agrosystèmes

La gestion des populations de vers de terre dans les agrosystèmes est-elle un moyen possible de préserver la qualité des sols ?

L’agriculture intensive est souvent critiquée pour ses effets négatifs et ses impacts sur l’environnement et la santé humaine. Ce problème peut être (en partie) résolu par une meilleure gestion des organismes vivants dans les champs. Parmi les organismes invertébrés présents dans nos sols se trouvent, en grande majorité, les vers de terre.

Pour en savoir plus sur les différentes espèces de vers de terre et comment les reconnaitre, consultez notre précédent article : les vers de terre : des travailleurs infatigables et des alliés de taille pour vos cultures.

Le rôle des vers de terre dans les agroécosystèmes :

Les activités des vers de terre dans les écosystèmes naturels sont très diverses et varient considérablement en fonction des conditions du sol et du climat.

Ils affectent tout d’abord la décomposition de la matière organique de plusieurs façons :

  • en enfouissant la litière de feuilles dans le sol
  • en activant à la fois la minéralisation et l’humification de la matière organique du sol.

Grâce à leurs mouvements perpétuels de va-et-vient, ils affectent les propriétés physiques des sols, par leurs activités d’enfouissement ou en produisant des turricules (de surface et souterrains).

Leur effet global favorise un renouvellement rapide et à court terme de la matière organique et des nutriments. Enfin, leurs effets sur la libération des nutriments et les propriétés physiques des sols sont généralement supposés être en synchronisation avec la demande des plantes et régulés de manière à favoriser la conservation de la structure du sol et des réserves de matière organique.

Les avantages des vers de terre pour les cultures :

Nous l’avons vu, les vers de terre optimisent la matière organique du sol et le cycle des éléments nutritifs. Plus précisément, les vers de terre stabilisent les fragments de matière organique dans leurs turricules :

La matière résultant d’une plante (ses racines ou ses feuilles) morte contient une grande quantité de carbone et de substances minérales (phosphore et azote notamment). Ces éléments sont vitaux pour la croissance des végétaux. Pour autant les végétaux ne peuvent absorber ces nutriments qu’une fois la matière organique décomposée par des organismes appelés « décomposeurs » tels que les bactéries, les champignons ou les vers de terre via leurs différents mécanismes.

Une étude publiée par la revue Scientific Reports démontre qu’en moyenne, la présence de vers de terre dans les agroécosystèmes entraîne une augmentation de 25 % du rendement des cultures et de 23 % de la biomasse aérienne. L’ampleur de ces effets dépend de la présence de résidus de culture, de la densité des vers de terre et de la fertilisation (nature organique ou chimique, azotée ou autre, quantité). Les effets positifs des vers de terre deviennent plus importants lorsque davantage de résidus sont ré-enfouis [dans les horizons superficiels du sol], mais ils disparaissent lorsque la disponibilité de l’azote dans le sol est élevée. Cela suggère que les vers de terre stimulent la croissance des plantes principalement en libérant l’azote enfermé dans les résidus et la matière organique du sol.

                                                                                                                     Van Groenigen, J., Lubbers, I., Vos, H. et al. Earthworms increase plant production: a meta-analysis. Sci Rep 4, 6365 (2015).

Enfin, à travers les galeries creusées en profondeur comme en surface, les vers de terre améliorent la stabilité structurelle et la porosité du sol, permettant une meilleure infiltration de l’eau et ainsi la réduction des phénomènes de ruissellement.

Comment faire croitre la population de vers de terre dans les sols ?

Pour accroître les populations de vers de terre, voici plusieurs éléments à garder à l’esprit :

  1. Les amendements organiques améliorent l’abondance des vers de terre.
  2. Un travail du sol trop intensif détruit l’habitat des vers de terre de surface ainsi que ces mêmes vers de terre.
  3. Les vers de terre n’aimant pas les sols acides, l’ajout de calcaire (éléments grossiers)  augmente le pH et apporte également du calcium. Les vers de terre ont besoin d’un apport continu de calcium, ils sont donc absents des sols pauvres en cet élément.
  4. L’humidité est cruciale pour la survie des vers. Ils peuvent perdre 20 % de leur poids corporel chaque jour en mucus. La couverture du sol réduit l’évaporation de l’humidité car la matière organique en décomposition (humus) retient l’humidité dans le sol.
  5. Les vers ont besoin d’oxygène pour survivre, c’est pourquoi un sol raisonnablement aéré est essentiel. Cela explique pourquoi les vers ne sont pas présents dans les sols anaérobies, tassés et fortement gorgés d’eau.

 

L’utilisation des services des vers de terre dans les cultures a le potentiel de stimuler la durabilité de l’agriculture. Vous souhaitez mettre en place des méthodes agroécologiques pour accroître la productivité de votre exploitation de manière durable ?

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