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Les plantes bioindicatrices : comment s’en servir pour caractériser un milieu ?

Les plantes bioindicatrices : comment s’en servir pour caractériser un milieu ?

Du 20 au 23 février dernier se tenaient les 1ères Rencontres Internationales de l’Agriculture du Vivant. Lors d’une des conférences, Gérard Ducerf, ancien agriculteur et botaniste de terrain depuis 1979, est intervenu sur ces éléments clés qui sont une des bases de la compréhension de l’environnement agricole : les bioindicateurs.

Qu’est-ce qu’un bioindicateur ?

Pour mettre en place une démarche agroécologique, il est important de commencer par une bonne compréhension de son sol : est-il vivant ? en bonne santé ? ou au contraire déséquilibré ? Avant d’entamer une analyse biochimique lourde et coûteuse, quelques observations simples de la parcelle peuvent apporter beaucoup d’éléments de réponse. Notons que les bioindicateurs sont autant des espèces végétales (sujet abordé ici), fongiques qu’animales et que leur présence est autant révélatrice que leur absence.

Souvent qualifiée de « mauvaises herbes », les plantes non cultivées se développent spontanément dans leur biotope primaire. Il s’agit du milieu spécifique qui apporte à leurs graines tous les éléments essentiels pour qu’elles sortent de leur dormance. Ainsi, lorsqu’une plante prospère sur un sol, elle met en évidence ces éléments essentiels (pH, tassement, rapport C/N), ce qui fait son caractère bioindicateur.

Surveiller ses plantes bioindicatrices :

Il est alors important pour l’agriculteur de prendre le temps d’observer la flore qui se développe sur sa parcelle car elle est à la fois le symptôme et le remède des dérèglements qui s’opèrent.

L’espèce bioindicatrice va prospérer en réaction à son environnement : si le sol est carencé en micro-nutriments, elle va permettre la synthèse de ces derniers, si le sol est compacté, l’action de ses racines va permettre le décompactage, etc.

Pour un diagnostic de sol efficace, il est important d’observer toutes les espèces présentes mais surtout leur répartition et leur abondance. À savoir qu’une plante est réellement bioindicatrice lorsqu’elle est présente de manière dominante, sur plus de 15% de la surface étudiée. En deçà, elle n’est pas révélatrice de la vie au globale mais seulement à échelle micro-locale.

Quelques exemples simples de plantes bioindicatrices sur le territoire français :

Le Plantago Major ou Grand Plantain est symptomatique d’un sol compacté dans lequel l’air (et donc l’oxygène) ne parvient pas à circuler, c’est donc l’activité bactérienne aérobie qui s’amoindrie. À l’observation de ce bioindicateur, il est possible de mettre en place un couvert végétal adapté favorisant la structuration du sol et une circulation de l’air (exemple : un mélange d’orge et de triticale).

Le développement de Liseron des champs/des haies représente lui une saturation en azote (organique ou de synthèse) ou un excès de nitrate d’ammonium. Le surplus d’azote et le manque de carbone ont tendance à faire compacter le sol. La levée de la dormance du liseron, grâce à ses racines, permettra de ré-aérer le sol et remédier au compactage.

Les fumeterres sont caractéristiques d’un sol qui arrive à engorgement et qui présente un risque de basculement en anaérobie (absence d’oxygène). Elles indiquent qu’il est nécessaire d’intervenir sur la parcelle pour la rééquilibrer.

Par son développement, la fumeterre va stimuler les micro-organismes présents et relancer la vie du sol et remédier au manque d’air de celui-ci.

Le Lichen est l’un des bioindicateurs les plus connus. Il est utilisé pour diagnostiquer les environnements atteints par une forte pollution atmosphérique. À ce sujet l’Association de surveillance de la qualité de l’air : Air Lorraine, a publié un guide permettant de reconnaître et analyser 14 espèces indicatrices de la qualité de l’air

Le Lotier Corniculé est lui annonciateur d’un sol en bonne santé c’est-à-dire : ayant un C/N (rapport massique carbone sur azote) équilibré. Sa présence permet le stockage de matières nutritives.

 

Les bioindicateurs sont nombreux mais surtout spécifiques à chaque région et chaque type de sol. Ils sont donc à observer et à lire avec attention.

Quelques sources complémentaires :

 

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